Architecte de formation, le jeune Viktor Nekrassov (1911-1987) s’essaie en tant qu’acteur et décorateur de théâtre tout en écrivant des articles pour les journaux. Il part au front en août 1941 et se fait connaître en tant qu’écrivain au retour de la guerre, en 1946, quand paraît son roman Dans les tranchées de Stalingrad. Cette œuvre majeure de la littérature de guerre soviétique est largement inspirée de sa propre expérience des combats. Dans ses œuvres suivantes Nekrassov continue à évoquer la vie des gens des milieux dont il a une connaissance profonde.

Après la mort de Staline, Nekrassov condamne le régime dans ses écrits où apparaît le thème des camps. Au milieu des années 1960, il rejoint d’autres intellectuels pour dénoncer la restalinisation du pays. Nekrassov est expulsé du parti en 1973. L’année suivante, il émigre en France. À l’étranger, il continue à écrire, travaille pour le bureau parisien de Radio Free Europe et les journaux publiant les textes d’émigrés russes à Paris et à New-York. Il meurt à Gentilly en 1987 et est enterré au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois.